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07/10/2019 - Couple

La splendeur du polyamour à travers le témoignage de Dani

la splendeur du polyamour
J’ai discuté avec Dani, polyamoureuse, plusieurs fois et cette personne m’a impressionné par son ouverture d’esprit et sa fureur envie de vivre ses relations. Elle ne voit que par ses envies et se laisse guider par elles, tout en restant consciente des quelques ajustements humains à faire en chemin.
Je lui ai posé des questions autour de sa relation polyamoureuse et lui ai laissé le champs totalement libre pour me donner ses réponses. Elle a joué le jeu à la perfection pour compléter l’article sur l’amour libre que j’avais déià écrit sur le sujet
Merci à elle 💛

Comment as-tu eu envie de faire des événements sexpositiv ?

Ça fait plusieurs années que le sexe à plusieurs m’attire

J’ai envie de diversifier mes pratiques, mais je n’osais pas sauter le pas. A vrai dire, je ne savais pas non plus vraiment comment m’y prendre pour trouver les bonnes personnes. J’avais peur de me retrouver dans un truc qui ne me convient finalement pas, et de ne pas être capable de me faire respecter. Ou de ne pas moi-même respecter mes propres limites.

Il y avait aussi une grande peur du jugement et de ses répercussions sur ma vie sociale, professionnelle et familiale si mes potentielles futures pratiques étaient découvertes. Et des résidus de principes moraux bien bullshit et ancrés malgré ma démarche consciente de déconstruction.

En lien avec toutes les représentations qu’on peut avoir des orgies dans les films par exemple, qui m’empêchaient de sauter le pas.

Mon test des ateliers tantra

En participant à des ateliers de tantra, j’ai appris qu’il y avait des évènements sur Paris appelés « chatonnades » qu’on m’a présenté au début comme du Tantra ++, où le sexe est autorisé. Et comme j’aime beaucoup le tantra, la connexion, l’écoute de soi et des autres que ça permet, j’ai tout de suite pensé « Voilà mon Graal ! », et je me suis renseignée.

Dans un même temps, un ami en qui j’ai confiance s’est mis à organiser ce qu’il appelle des « diagonales », c’est-à-dire des soirées où la nudité et la sexualité sont bienvenues sans besoin d’être cachées. La sexualité est simplement considérée comme une activité sociale comme une autre.

Les planètes se sont alignées ! 

En quoi consistent ces événements polyamoureux ?

Des événements sex-positiv

Il y a plein de type d’événements Sex + que je ne connais pas du tout. Ceux auxquels je participe s’appellent des « horizontales », c’est-à-dire des soirées où la relation à soi et aux autres peut être explorée dans toutes les dimensions, y compris sexuelle. Et le fait est que, celle-ci est très présente. Je pense que c’est lié à l’accompagnement proposé au départ qui est orienté, mais c’est aussi une dimension de nos vies généralement en mal d’exploration et de liberté, du coup ça ressort ! Et puis le sexe est tout de même une activité des plus plaisantes, tout simplement ..

Il y a deux piliers fondamentaux dans ces soirées, et ils font vraiment la paire : La liberté, d’être et de faire, de reconnaître et de vivre nos désirs, quels qu’ils soient, d’explorer ou de ne pas explorer, sous seule condition de respecter le deuxième pilier : Le consentement !

Et un consentement éclairé

Cette notion est vraiment au coeur de ces évènements. Chaque début de soirée, il y a des règles et des codes qui sont reposés à chaque fois, pour apporter le plus de sécurité possible. Il y a surtout des jeux de consentement et de connexion (qui peuvent parfois faire penser à du néo-tantra), qui permettent d’intégrer ces règles et codes, de s’éduquer, d’apprendre à s’écouter soi, à poser ses limites, à écouter l’autre et à accueillir ses limites. Pour ma part ça a longtemps été la partie que je préférais lors des soirées, je considère qu’on a tous.tes vraiment besoin de s’éduquer. Tout cela prend environ deux heures, et ensuite la soirée est complètement ouverte, libre, jusqu’au lendemain matin. Il y a généralement une ou deux personnes, des « angels », disponibles en cas de besoin de soutien émotionnel par exemple.

Je participe à des festivals, organisés par Chatonnade

Le principe est à peu près le même, mais avec 3 voir 4 fois plus de monde, dans une maison, pendant plusieurs jours, et chacun peut proposer les workshops qu’ils souhaitent, sur la sexualité ou non (au programme il peut y avoir aussi bien méditation vipassana, orgasme prostatique, atelier d’écriture, shibari etc …) , ce qui donne beaucoup de possibilités de découverte et d’exploration !

Aux notions de liberté et de consentement, j’ajouterais le non jugement et l’inclusion de la diversité, des désirs, des corps, des genres, des besoins. Il y a une vraie attention qui est mise à ce niveau là.

Ces évènements sont aussi l’occasion de déconstruire énormément de conditionnements et d’ouvrir son esprit à des pratiques par exemple, qu’on pouvait juger par ignorance, parce qu’on ne les comprenait pas. Pas forcément pour les faire siennes. Simplement, de la manière dont je vois les choses, les préjugés sont ce qu’il peut y avoir de plus enfermant, et s’en affranchir me semble être la condition nécessaire pour une liberté réelle. Pour prendre ses décisions en conscience, à partir de nos envies réelles et non pas de nos préjugés, justement.

Participer à ces évènements, et le polyamour plus généralement, c’est pour moi un vrai processus d’émancipation, de développement personnel, relationnel, et même spirituel.

 

Il y a tellement de beauté, de connexion, de vulnérabilité, d’amour, de rencontres, de plaisir des sens, de challenges … D’humanité en fait. Tout le panel d’émotions est présent. C’est tellement vivant. Dur d’en rendre compte avec des mots.

As-tu toujours été polyamoureuse ?

Dans les faits, non

Jusqu’à mes 22 ans j’ai été dans des relations monogames.

Depuis 5 ans maintenant, je fonctionne avec des relations libres, ouvertes, polyamoureuses (j’ai changé la terminologie que j’utilise pour parler de mes relations régulièrement, avec l’évolution de mon fonctionnement). Et notamment avec mon compagnon, avec qui je vis depuis 4 ans maintenant, et avec qui j’ai la joie d’explorer ce chemin vers la liberté pas à pas, avec beaucoup de rebondissements et de complicité !

L’amour se décuple plus on aime

Par contre, je pense qu’être amoureuse d’une personne ne m’a jamais empêché d’être attiré par d’autres, ni d’être amoureuse d’autres personnes. Je ne pense pas que l’amour se dilue avec le nombre. En tout cas pas pour moi. Au contraire, mon expérience du moment, c’est que plus j’aime, plus j’aime. Et à chaque fois de manière unique, parce que je suis face à un être unique.

D’ailleurs, je trouve que le polyamour me permet d’aimer beaucoup plus pleinement les personnes, dans leur entièreté. Parce que je n’attends pas d’elles qu’elles nourrissent tous mes besoins, valeurs et aspirations, ce qui est impossible.

Par exemple, mon copain n’aime pas danser, et moi j’adore danser de manière sensuelle avec quelqu’un. Je ne vais pas être aigris après 15 ans d’interdiction de danse sensuel, et lui reprocher de ne pas nourrir cette aspiration. Je vais danser avec d’autres, point. Et lui peut juste être lui-même, sans avoir à se transformer pour me satisfaire, et je peux l’aimer tel qu’il est, parce que je ne suis pas frustrée dans mes aspirations.

Il peut aussi y avoir des différences d’intensités, de rythmes, d’envies, de fonctionnements entre les relations, c’est clairement pas toujours évident à gérer, que ce soit émotionnellement, mais aussi de façon plus pragmatique au niveau du temps ! Mais jusqu’à maintenant je m’y retrouve, ça vaut le coup. L’idée de fonctionner autrement me semble presque absurde aujourd’hui. Et quoi qu’il en soit, la monogamie a tout autant son lot de difficultés.

Comment ta relation polyamoureuse fonctionne-t-elle avec ton compagnon ?

Le polyamour est un renouveau perpétuel

Ce qui est à la fois génial et parfois fastidieux avec le polyamour, c’est que tout est à inventer. Il n’y a pas de mode d’emploi tout prêt. Pas de balises morales sur ce qui se fait et ne se fait pas. C’est à nous de co-créer complètement la manière dont a envie de vivre la relation, en fonction de nos besoins, nos désirs, notre rythme. Et comme on se laisse évoluer, notre mode de fonctionnement évolue sans cesse lui aussi. Bien sûr, on peut s’inspirer aussi d’autres personnes autour de nous, et il y a aussi des livres et des blogs qui donnent de bonnes pistes.

Avec mon compagnon, on a commencé immédiatement en relation ouverte, il y a 4 ans et demi, c’est-à-dire qu’on avait la possibilité de voir d’autres personnes, à condition que ce ne soit pas des connaissances communes, et pas chez nous, et on devait se prévenir “avant que ça arrive”.

Notre cadre a beaucoup évolué avec le temps, avec la confiance et la sécurité qui a grandi entre nous, et notre chemin de déconstruction avec. On va vers toujours plus d’ouverture et de liberté. ça nous demande par contre de communiquer sans cesse, d’ajuster sans cesse notre fonctionnement. Je trouve ça très vivant ! Rien n’est figé, ça ne l’a jamais été, et j’espère que ça ne le sera jamais.

Aujourd’hui je vis avec lui depuis 4 ans

Je me sens aussi en relation amoureuse avec 3 autres personnes, il les connais et s’entends très bien avec eux, ils viennent même parfois à la maison. Il y a d’autres petites relations dans les parages, et puis on participe régulièrement à des chatonnades, ensemble ou pas. On commence à en animer aussi. Il a lui même ses propres relations, avec qui je m’entend bien. On en parle et on en ris beaucoup, on s’amuse de ça. Ça n’a pas toujours été évident, clairement.

Mais au final, il n’y a eu qu’une relation qui a failli nous séparer, il y a 2 ans. Et sur le moment, je me suis dit “c’est quand même chaud à gérer”. Et puis une amie dans une relation monogame m’a partagé qu’elle “trompait son mec” depuis des mois, qu’elle était très amoureuse des deux, et qu’elle n’arrivait pas à en parler avec son copain. Quelle galère ! Et ça m’a permis de valider, encore une fois, que les relations monogames ne sont vraiment pas plus simples.

Que ressens-tu par rapport aux personnes qui pratiquent la monogamie ?

Je suis très à l’aise avec la monogamie

Je ne me dis pas que le monde entier devrait être polyamoureux (quoi que ça pourrait être amusant d’imaginer un monde où les normes sont inversées ).

Surtout si c’est un choix conscient, et pas juste conditionné par la norme, je comprends tout à fait qu’elle puisse avoir du sens. Tout comme le fait d’être polyamoureux, ou abstinent, ou autre chose. Tant qu’on s’épanouit, tant mieux.

Et puis le polyamour est un tel chemin de déconstruction face à des normes tellement ancrées, ça demande une sacrée résilience émotionnelle ! Je conçois tout à fait qu’on ne soit pas prêt à investir l’espace, l’énergie, le temps que ça demande pour le vivre. Comme je le disais, pour moi, ça s’apparente à un vrai chemin spirituel. Et il y en a d’autres, tout le monde n’emprunte pas les mêmes, et c’est tant mieux.

Ce que j’observe, c’est que chaque fonctionnement à ses avantages et ses inconvénients. A chacun de choisir sa paire d’avantages / inconvénients !

On parle souvent de la jalousie par exemple.

Mais pour ma part, le polyamour m’a justement vraiment beaucoup aidé à transformer ça ! Quand je me suis rendu compte que même lorsqu’il voyait d’autres personnes, mon compagnon continuait de m’aimer et de vouloir construire avec moi. Je ne me suis finalement jamais sentie aussi sécure au niveau affectif dans une relation qu’avec lui.

Par contre, quand j’entends des personnes dire “Oh non ! Moi je pourrais pas ! Impossible pour moi le polyamour”. Je dois avouer que ça me fait parfois un peu tiquer. Quand il y a un rejet aussi catégorique, pour moi c’est souvent le signe qu’on est face à quelque chose de tellement hors norme pour nous, qui challenge tellement notre conditionnement qu’on passe en mode défense. Et qu’on a du coup souvent des préjugés sur le sujet. Donc que la décision n’est pas réellement consciente et libre. Comme pour le végétarisme par exemple.

Et pour moi, c’est complètement différent de dire “ Ok, cool. Moi, j’ai envie et je choisie de de vivre autre chose”.

Je ne sais pas si c’est clair. Mais c’est la différence pour moi entre un choix conditionné, motivé par la peur et le rejet, et un choix libre, centré, inspiré.

Et qu’on soit bien clair, c’est humain, et je suis la première à réagir en mode défense quand je suis face à quelque chose qui me challenge trop dans mes croyances. J’essaye d’en prendre conscience quand c’est le cas.

Ce qui est plus difficile pour moi, ce sont les jugements de certains monogames qui refutent directement le polyamour. Je m’en fiche de plus en plus, mais ça reste encore vraiment compliqué pour moi d’y faire face, et d’assumer leurs conséquences potentielles : Par exemple, d’envisager qu’une partie de ma famille puisse ne plus me parler pour la manière dont je vis mes relations amoureuses.

Qu’est ce qui te donne envie de prendre la parole ?

Il y a une part d’affranchissement

Déjà ça ! S’il y a tant de préjugés, de jugements, c’est parce qu’il n’y a pas encore assez de témoignages, de gens qui assument publiquement pour que cette diversité de fonctionnements soit mieux comprise.

Adolescente, j’ai pas mal vécu le slut shaming, que ce soit dans ma famille ou au collège et au lycée. J’y ai aussi participé, malheureusement, sans doute pour me rassurer sur le fait que je ne faisais pas partie de ces “salopes” que tout le monde juge. Et puis j’ai fait ce chemin vers moi. D’abord en me cachant. Je faisais un secret d’état cette histoire de polyamour. Puis de moins en moins. Et aujourd’hui, je sens une part de moi qui a envie le crier sur les toits et de faire un gros FUCK aux jugements, de ne plus se soucier du regard des autres pour vivre ma vie comme je l’entends, et même de le revendiquer du coup. Pour moi, faire ce témoignage, c’est un pas supplémentaire pour laisser davantage d’espace à ça. Et puis il y a le tabou autour de la sexualité. Ma conviction, c’est qu’il est à l’origine de tellement de violence subie et exercée.

J’ai subi des viols. Je n’en ai pas parlé avant des années à cause de ce tabou. Je ne mettais même pas ce mot là avant d’en lire concrètement la définition. Et les personnes qui ont portés ces agressions, finalement, n’étaient juste pas éduquées. A cause de ce même tabou. La restriction créé la compulsion. Et là je parle de violence extérieur, mais combien de culpabilité pour des désirs nons assumés ? D’humiliation, de honte, de peur, de colère, de jalousie, de frustration … Mettre de la conscience sur cet aspect de l’humanité si refréné, blessé et pourtant si central me semble incroyablement réparateur, et porteur de changement.

Aussi, parce que je trouve toujours inspirantes les personnes qui osent témoigner de leur expérience et de leur différence. ça ouvre le champ des possibles, ça sème des graines.

Qu’as tu envie de dire à ceux qui cherchent ce qui leur correspond ?

Que je leur souhaite de ne jamais se trouver, et de continuer à chercher ! Et de s’inspirer. De s’écouter, et d’oser expérimenter surtout. Et de venir en chatonnade ^^

 

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