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21/10/2019 - Couple

Jusqu’à ce moment, j’avais honte de ma propre libido

Lorsque la libido se sent coupable….

Cette fois c’est un homme qui se dévoile.

💛💛💛

 


Après ton adolescence difficile, comment as-tu pris confiance en toi ?

Je n’ai pas eu une adolescence horrible.  Mais c’est la période où le corps se transforme.  J’ai commencé à prendre du poids et à me laisser définir par mon entourage au sens large (famille éloignée, amis, parents d’amis, enseignants…) comme « le gros de la bande », puis à intégrer inconsciemment cette définition.

Ça ne m’a pas empêché de tomber amoureux mais je me sentais incapable de séduire, quelque part je dirais même illégitime.

Quelques échecs amoureux sont venus compléter ce tableau et abimer encore ma confiance en moi sur ce plan.

J’ai vraiment trouvé une forme de confiance en moi dans le regard de celle qui allait plus tard devenir ma compagne, la mère de mes enfants puis mon épouse.

On s’est rencontrés un peu par hasard autour de la vingtaine, on se tournait autour assez timidement, et elle est venue vers moi.

Notre relation naissante m’a boosté, ce qui m’a aussi permis d’abandonner mes études pour me lancer assez tôt dans la vie professionnelle, puis par la suite de reprendre une première fois mon corps en main en perdant du poids, de porter des projets qui faisaient sens pour notre couple.

Ce que je ne réalisais pas bien à l’époque c’est que mon bien-être et ma confiance dépendaient peut-être un peu trop de ce regard extérieur.

Comment as-tu vécu ta vie maritale ?

Mon couple donnait beaucoup de sens à ma vie, une raison d’être ce porteur de projets que je suis, une locomotive toujours prête à aller de l’avant.

Ma compagne était plus réservée et appréciait mon dynamisme, mon volontarisme, mes idées fraîches et mon ouverture d’esprit.

Quoi que je la trouvais parfois un peu résignée voire pessimiste, elle me remettait aussi les pieds sur terre quand je planais un peu trop, et j’appréciais toujours la confrontation de nos idées dont j’aimais faire la synthèse pour produire des solutions que nous convenaient.

Au final nous nous complétions bien en nous renforçant mutuellement.

Dans la sphère intime, ce n’était pas toujours évident. Nous avions tout à apprendre.

J’étais très curieux, elle beaucoup moins.

Je connaissais mon corps, elle ne se connaissait pas elle-même.

Très vite j’ai eu l’impression que notre vie sexuelle patinait un peu, qu’il devait y avoir plus à y vivre.

Mais je suis rentré dans une forme de déni, intégrant un peu trop cette fausse idée selon laquelle une femme raisonnable n’était forcément pas fantaisiste en matière de sexualité.

Ça me permettait de ne pas trop en souffrir ni poser de questions.

J’avais finalement un peu honte de ma propre libido.

Nous avons eu deux premiers enfants et connus des passages difficiles en termes d’intimité, puis nous nous sommes un peu retrouvés, et finalement nous nous sommes mariés 12 ans après notre rencontre, pour des raisons de simplicité administrative.

J’étais heureux de renouveler un engagement après ce que je pensais être une crise passagère liée à l’arrivée des enfants dans notre vie.

Le peu d’intérêt de mon épouse pour la sexualité m’est revenu en pleine figure dès notre voyage de noces, qui ressemblait à des vacances entre vieux amis.

Cherchant à en comprendre les ressorts, je me suis beaucoup intéressé au désir et au plaisir féminin, dévorant une petite collection d’ouvrages (Elisa Brune, Yves Ferroul, Alain Héril…).

Je dois bien dire que ça m’a permis de pas mal me renouveler en la matière, mais finalement ça aussi n’a eu qu’un temps.

Nous alternions donc des périodes de carence et puis des « lunes de miel » provoquées par mes initiatives renouvelées pour entretenir la flamme.

J’ai proposé à mon épouse de consulter ensemble un/e thérapeute mais elle n’en voyait pas la pertinence, arguant qu’elle n’était « pas malade » (ses mots).

Nous avons eu un troisième enfant, qui souffrait de malformations in utero et n’a pas survécu après sa naissance.

Une épreuve difficile, une histoire triste mais tellement belle également, dont nous sommes sortis renforcés en tant que couple parental.

Je pensais qu’après avoir vécu tout ça, nous pouvions faire face à toutes les épreuves.

J’étais encore très amoureux et j’espérais que mon épouse finisse par me rejoindre, par s’éveiller, par manifester une forme de curiosité dans la sphère sexuelle.

Nous avons eu un quatrième enfant, qui était vraiment le marqueur de ce couple parental renforcé.

Mais notre intimité n’a pas cessé de se dégrader malgré beaucoup d’efforts de ma part.

Je dois bien dire que je ressentais une certaine désinvolture de sa part face à tout ceci.

Elle percevait bien nos difficultés quand je les évoquais, le caractère douloureux de son peu d’implication, mais je ne la voyais justement pas mettre en oeuvre grand chose pour nous permettre de nous retrouver, ni matériellement ni émotionnellement.

Ma confiance en moi dans toute la sphère corporelle (séduction, sexualité, image de moi-même en tant qu’homme…) était bien retombée depuis nos jeunes années et atteignait le plancher.

Que s’est-il passé à la fin de ta vie de couple ?

Finalement mon épouse a un jour, de manière un peu inattendue, exprimé une perte de sentiment amoureux à mon égard, liée à un sentiment d’insuffisance et d’incompétence face à mon énergie, à mon enthousiasme, à mon besoin de nouveauté, non pas dans la sphère sexuelle mais beaucoup plus largement.

La différence de rythmes que j’ai évoquée plus tôt nous rattrapait, et nous devenions progressivement des obstacles l’un à l’autre plutôt que des partenaires complémentaires.

Pendant un an et demi nous avons mené un dialogue autour de ces questions.

Ça n’a pas toujours été évident car dans la manière même d’aborder tout ça, nos sensibilités différentes rendaient parfois les initiatives difficiles.

Je me focalisais parfois trop sur la sexualité, et puis j’aurais voulu par exemple que nous consultions plus, et plus tôt, mais ce fut difficile.

J’ai compris très vite que je devais travailler ma confiance en moi et je me suis mis en chemin avec l’aide de thérapeutes puis en trouvant la force de me confronter à mon rapport au corps en me lançant dans le sport.

J’ai transformé mon corps et la relation que j’entretenais avec lui.

J’ai perdu 1/3 de ma masse corporelle, j’aime mon reflet dans le miroir mais aussi je parle avec bienveillance à mon corps, et je suis surtout étonné de tout ce que je suis encore capable de réaliser et d’apprendre avec cette carcasse de 41 ans.

Mon chemin intérieur se poursuit également, j’essaie de vivre au présent et de faire moins de plans, j’aimerais arriver à méditer, à interrompre le flux de pensées dans ma tête, mais c’est encore un peu difficile.

Je n’ai jamais pu renouer complètement avec mon épouse, et les derniers mois de notre relation je la laissais, selon ses voeux, faire son chemin seule, sans plus proposer de démarches, de lectures, de réflexions.

De moins en moins je lui demandais comment évoluait son sentiment à mon égard, et sa réponse était invariablement « je n’ai rien à te reprocher, mais ça ne vient pas, je ne sais pas quoi faire ».

Tout ça a terminé de m’user, la flamme s’est bien éteinte chez moi aussi, et après avoir eu avec mon épouse plusieurs conversations plutôt sereines sur le sujet, je me suis autorisé à rencontrer une autre femme, elle aussi un peu frustrée par certaines facettes de sa propre vie de couple.

Je pensais naïvement que j’allais vivre une rencontre axée sur la sexualité, un plan cul en somme, mais j’ai finalement redécouvert une forme de tendresse et d’intimité au sens large.

Cette rencontre, combinée aux changement dans mon corps et ma tête évoqués avant, a contribué à rebooster ma confiance en moi.

Je pouvais finalement me sentir masculin, plus que je ne l’avais jamais senti, tout en conservant ma sensibilité et ma fragilité…  et plaire, en étant moi-même.

Me rendant compte toutefois que tout ça ne réglait en rien les difficultés dans notre couple, cette différence de rythmes, j’ai relancé la conversation avec mon épouse, et nous avons décidé ensemble que ce status quo qui régnait entre nous depuis plusieurs années, n’était plus vivable.

Tes enfants, que t’ont-il apporté ?

Être responsable pour un temps de la sécurité matérielle et affective d’autres humains, c’est pas rien, on peut vite sentir une forme de pression.

D’un autre côté, être le témoin de leur émerveillement, de leurs découvertes, c’est une belle piste pour rester en contact avec l’enfant en moi.

J’ai donc appris la nécessité de structurer un peu la vie, de cadrer des moments plus rigoureux non pas comme une fin en soi, mais en sachant que c’est une manière de se permettre des moments de fantaisie. C’est une source d’équilibre.

Pour toi c’est quoi la sexualité ?

Un partage. Une manifestation concrète de la complicité qui peut exister entre ma partenaire et moi, de ce qui nous rassemble. Que ce soit des petites ou des grandes choses, un projet de vie ou simplement le bonheur et le plaisir de partager quelques instants. Accueillir l’autre et être accueilli.

Ça touche énormément à un besoin de fusion : même si l’altérité entretient le désir, il y a quelque part cette illusion l’espace d’un instant qu’on ne forme qu’un avec l’autre, et j’ai l’impression que c’est une source d’énergie pour moi.

Ta vie de couple idéale ça ressemble à quoi ?

Je suis en plein questionnement.

Je réalise que, pour moi et à ce stade, j’ai beaucoup de mal à vivre de manière distincte mon couple parental d’un éventuel couple amoureux.

J’y pense beaucoup mais au final je ne pense pas que partager un foyer avec une amoureuse soit une caractéristique intrinsèque à ma personne, même si j’en ai très envie.

Après tout, je sors de vivre une aventure exaltante de quelques mois, dans laquelle il était plutôt clair que ce type de projet ne trouverait pas sa place, ça ne m’a pas empêché d’être réellement amoureux.

Mais du coup, j’ai l’impression que tout est à redécouvrir pour moi, à réinventer.

Alors me fixer un idéal, même l’imaginer, à ce stade c’est un peu une gageure.

Quelle ouverture vois-tu pour la suite ?

Je veux me retrouver un peu face à moi-même.

Élucider un peu mieux la question précédente, peut-être en faisant quelques rencontres qui permettront de me poser les bonnes questions.

 


 

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